Voir Québec, l'installation, Le Lieu et Marcel Duchamp, take 2!!!!

Publié le par lui-même

Bon, voici une réponse de ma belle-soeur (oui, oui!) à l'article publié plus tôt cette semaine (voir ici).
Je l'aime!

Ok par où commencer  ??? 
L'historienne de l'art en moi est vraiment estomaquée ! Je veux d'abord préciser que je n'ai pas vu l'exposition et, en toute franchise je ne connais pas l'artiste Yves Tremblay. Cependant, comme la critique de M. Motulsky-Falardeau se permet de faire le procès de l'ensemble de l'art d'installation et de performances (qu'il semble d'ailleurs confondre!), je me permetterai donc de faire la critique de l'ensemble de son article.
Premièrement, parce que c'est selon moi la preuve la plus criante de l'ignorance de M. Motulsky, je voudrais préciser que, celui qui fait se retourner les artistes Dada dans leur tombe, est bien le journaliste lui-même ! Sachez monsieur que d'ajouter un "istes" a dada dans une critique qui se voulait, je crois, sérieuse, ne fait que démontrer votre méconnaissance d'un mouvement qui réclamait justement une coupure avec tous les "ismes" qui les précédaient ! Comme l'a écrit le réputé Yves Michaud avant moi, Dada représente le niveau zéro de l'art, dans cette optique vouloir l'assimiler, comme votre ignorance vous le fait faire, à une histoire de l'art historisiste tient pour moi de l'hérésie ! Mais bon, passons... 

L'aspect de l'art de performance et d'installation que vous semblez le plus décrier se résume, je crois, dans leurs racines hybrides plongeant à la source de multiples arts. Je ne sais comment témoigner de la stupidité d'une telle pensée, mais bon puisqu'un exemple vaut mille mots, je voudrais que l'on se rappelle qu'à l'origine plusieurs des pièces de théâtre de Molière étaient entrecoupées de ballet. Le ballet Gisèle lui-même fut créer à partir d'un texte de Théophile Gauthier. La majorité des tableaux des peintres romantiques français et anglais représente les oeuvres littéraires d'Ovide, d'Homère et de Goethe pour ne nommer que ceux-là. Dois-je également vous rappeler que pendant très longtemps les décors d'opéra furent peints à la main? Et que dire d'Appolinaire pour qui la forme visuelle de ses poèmes était aussi importante que leur contenu ! A ce compte là, il ne doit y avoir que l'art greq pour trouver grâce à vos yeux !

L'hybridité en art, monsieur, est ce qui garde l'art vivant !
 
Vous vous demandez si ces "mélanges", comme vous les appelez,  ne sont pas la raison pour laquelle le public reste indifférent... vous en reparlerez à Chardin, à Greuze, à Van Gogh, à Camille Claudel, à Marc-Orel Fortin. Ceux-là non plus n'ont pas eu les faveurs du public de leur vivant et leur art n'avait rien de l'hybridité que vous reprochez aux performateurs et aux installateurs !

Maintenant tant qu'au procès que vous faite aux dirigeants du monde de l'art contemporain de Québec... je voudrais simplement vous souligner que l'artiste canadien (David Altmejd) représentant le Canada à la biennale de Venise cette année (juste la plus importante manifestation d'art contemporain au monde!) est un artiste dont les oeuvres sont des installations. L'art d'installation  n'est pas uniquement issu de votre bonne ville de Québec, monsieur, il s'agit d'une forme d'art internationale, Je trouve très décevant que votre mépris de la rigueur innérante à un critique aie probablement découragée plusieurs de vos lecteurs de même seulement essayer de comprendre cette forme d'art qui est un fabuleux reflets de notre monde où les "mélanges" de toutes sortes sont chose courante ! 
Mais peut-être que du haut de votre chaire vous avez un problème avec ça aussi ?

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david t 22/06/2007 20:31

ça devrait être le thème du lieu la saison prochaine, "améliorer la société".cette histoire d'art qui "améliore" la société est un grossier sophisme.et que dire de l'art qui EMPIRE la société?!?!

Simon Castonguay 22/06/2007 18:33

Intéressant en effet, et je dois aussi corroborer à l'aide de mon jugement, tantôt aïgu, tantôt grave, tantôt off-the-target, la «counnosité» ultime de M. Moule, visiblement ignare. Reste que pour moi aussi, j'ai souvent de la difficulté à reconstruire le sens d'une installation, bien qu'ultimement, ça ne soit pas toujours le dessein d'une oeuvre... mais justement, la difficulté à reconstruire, refigurer le sens : c'est pas un problème, c'est ça le SENS !!! quant à la fonction sociale de l'art, les vertus, etc... faudrait s'y connaître pcq ces mots-là (s'agit encore de mots malgré tout), au même titre que le terme «éthique» sur lequel je travaille précisément, sont en train d'être vidés de leur contenu, de leur sens, par, justement, des critiques du genre : entendez mauvaises...
Évidemment, LE LIEU ont peté une coche pcq qu'il se faisait blaster par un vecteur d'idée qui «aurait dû», ou «pu» les aider... mais le propre de la critique est aussi de pouvoir démolir une oeuvre, or pour bien le faire, faut des arguments qui ne réfèrent pas à une situation générale (la valeur de l'art d'installation à Québec ou ailleurs) mais à l'oeuvre en soi : que le critique ne soit pas capable de dégager des traits spécifiques à l'oeuvre, de ses aspects formels à la démarche de création même en passant par la charge poétique, métatextuel ou historique... c'est bien la preuvre que M. Moule est un critique (pas vraiment en fait, disons un «maroufle», un mauvais «gestionnaire» – ark ! – des mots) MOU...

stefanika 22/06/2007 06:31

Celà dit, hyper intéressant comme débat sur l'art. On n'en parle pas assez (pour ne pas dire jamais) dans les mass-médias.

stefanika 22/06/2007 06:17

Comme les moules, le con est aussi, en argot parisien, synonyme du sexe de la femme. Miam miam, que de bons motulskys.

alekssi 22/06/2007 04:23

Je me reprends.Il ne faut pas se confondre.C'est bien d'un kg de Motulkys dont vous aurez besoin.