Carnet de résidence #1: l'arrivée.

Publié le par lui-même

Pour ceux et celles qui ne le savent pas, je suis artiste.

Il y a quelque chose qui se nomme dans mon métier des "résidences".

Résidence = moment de création dans un autre endroit que l'atelier ou le studio de l'artiste, de durée variable. Habituellement dans un centre d'artistes, une galerie ou tout autre endroit dont le mandat vise le soutien aux arts.

C'est ma définition.

Donc depuis hier, vendredi, je suis officiellement en résidence dans un centre de production et création dans les domaines de la photographie, des arts médiatiques, de l'infographie, du multimédia, des nouvelles
technologies et de leurs interfaces,
nommé Daimon, dans la ville de Hull, au Québec.

http://www.daimon.qc.ca/

Mon projet tourne autour d'un livre que j'ai lu il y a quelques temps et qui m'a  complètement bouleversé. L'évangile du bourreau, des frères Vainer.

Voici la description de ma résidence:

 


Le roman des frères Vaïner, écrit en ex-URSS entre 1976 et 1980 et longtemps tenu secret, a été pour moi une révélation littéraire, en 2006, bousculant ainsi mes lectures passées. Le rythme, l’ambiance, mais surtout la peinture quasi surréaliste mais malheureusement réelle du système répressif soviétique sous Staline font de ce roman un chef d’œuvre esthétiquement inclassable.

 

Ce que je désire faire avec le projet de résidence 23 jours dans l’évangile d’un bourreau, c’est une interprétation audio de l’œuvre en 23 chapitres. Sans être narrative ou simplement devenir une trame sonore, l’œuvre serait une transcription, un portrait du personnage principal, être humain ignoble et vicieux.

 

Le développement en résidence constitue un moment idéal pour développer l’œuvre. En effet, je veux profiter de la résidence pour essayer une nouvelle technique de création pour moi : lire un chapitre et, la journée même, créer un mouvement de 1 à 5 minutes, le tout dans le but d’être « collé » à la trame narrative du livre. Donc 23 jours consécutifs dans le monde du narrateur et personnage principal Pavel Egorovitch Khvatkine.

L’auditeur sera donc le témoin d’un processus créatif exigeant qui demande un total abandon et un plongeon dans un univers sombre et sans compromis. D’où la pertinence d’une résidence de 4 semaines : 23 jours de création et d’immersion, 7 jours de matriçage et une présentation publique du résultat.

 

La présentation finale de l’œuvre devrait se faire dans une salle noire, sans lumière, avec 4 caisses préamplifiées et un caisson de basse (sub), dans une condition d’écoute maximale permettant une totale immersion.


Voilà.

Me voici donc samedi matin, la tête un peu lourde suite à une soirée avec mon meilleur ami, soirée à la russe, avec une bouteille de vodka bu à 2, un souper dans un resto-bar russe d'Ottawa (endroit hallucinant: http://www.avantgardebar.ca/) et une visite dans un bar de Hull, le Petit Chicago.

Et moi devant mon ordi dans un endroit désert.

Seul.

Résidence de création? Retraite créative, espérons-le.



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a_dontigny 23/11/2008 01:18

hélas! si j'étais un peu plus "russe", je n'aurais pas si mal au crâne aujourd'hui...! ;)