Elle est morte, la nourriture (anecdote sans conséquence sur Pierre Falardeau)

Publié le par lui-même

Printemps 2003, peut-être 2004..
Je travaillais au festival de Cinéma des Amériques, et je devais m'occuper de ce gars, Falardeau.
j'ai tout de suite parlé de jazz avec lui, parce que un de ses excellents documentaires, Le Steak, a pour trame sonore du free jazz.
Il me pose assez rapidement la question: Kessé tu crisses à travailler pour un festival de cinéma?
De lui répondre: Écoutes, c'est cool le cinéma, mais je suis un mélomane et un artiste audio. Passioné par le cinéma.
Et là, on a jasé de ça, je veux dire sa position de cinéaste adorant la musique, ma position d'artiste audio, adorant le cinéma. On a parlé beaucoup, arrosé de quelques bières, surtout de gin, si je me rappelle bien.
Ça fini par une liste d'incontournables d'albums de free qu'il faut écouter.
Voilà.
C'est tout?
Nan.....
3 ans après, je le croise par hasard sur Mont-Royal, à Montréal,  et je lui fais un salut.
Hourra, il me reconnait.
Je suis touché.
4 real.
Et il sort son porte-monnaie tout déconcrisse, et me sort la liste que je lui avait donné, en me disant:
Man, Charles Gayle, c'est vraiment too much.
Mais ton ostie de Coltrane avec Ali, Interstellar Space, c'est bon en tabarnak.

Voilà.
On a parlé de trucs et d'autres (j'allais faire un show le soir de notre rencontre, il allait peut-être venir, si le match des canadiens allait pas finir trop tard...).
Voilà.

Voilà.

Je l'aimais bien.

Elle est partie, la nourriture.

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Éric 29/09/2009 18:38


cool annecdote !!  Mais moi, j'aimerais bien l'avoir, cette liste ;-)
Au plaisir. 


Big Sista 29/09/2009 18:26


Y'a ben juste toi pour écrire ces mots totalement dénués de pathos et de prétention. Y'a ben juste toi pour nous dévoiler ou nous rappeler qu'au delà de ce carcan presque caricatural dans lequel on
avait emprisonné le bonhomme, il y avait un allumé, un curieux, un découvreur à l'enthousiasme toujours intact. On vient de predre tout un steak


Anouk 29/09/2009 04:11


Il y a de ces gens que l'on croise, qui nous font une profonde impression, qui nous changent à tout jamais...

Il prend surement un p'tit gin, ben accoté sur un nuage, à ta santé :)

Cheers!